Un outil d'intelligence artificielle se juge sur six réponses, pas sur une démonstration. Où vont vos fichiers, comment vérifier ce qui sort, que récupérez-vous en partant, ce que coûte réellement l'abonnement, qui répond en cas d'erreur, et ce que l'outil fait quand il ne sait pas. Posez-les dans cet ordre : la première élimine la moitié des candidats.
1. Où vont mes fichiers, exactement ?
La bonne formulation n'est pas « est-ce sécurisé ». C'est : quels fichiers quittent mes machines, vers quel pays, pour combien de temps, et qui peut les lire. Un éditeur sérieux répond en trois phrases et vous montre la ligne du contrat qui l'engage. Un éditeur qui répond « nos serveurs sont chiffrés » n'a pas répondu.
Demandez aussi ce qui arrive à vos données une fois le traitement terminé. Sont-elles effacées ? Conservées pour améliorer le service ? Le RGPD vous donne le droit de le savoir, et un contrat de sous-traitance au sens de son article 28 doit l'écrire noir sur blanc.
Pour une entreprise du bâtiment, l'enjeu n'est pas théorique. Un DCE contient les prix du maître d'ouvrage, votre bibliothèque de prix contient les vôtres, et vos mémoires passés contiennent votre manière de gagner un marché.
2. Comment vérifier ce qui sort ?
Un texte produit par une machine est vraisemblable par construction. C'est précisément ce qui le rend dangereux : il a l'air juste même quand il ne l'est pas.
La question à poser est donc : l'outil montre-t-il d'où vient ce qu'il affirme ? Un logiciel qui cite l'article du CCTP dont il tire une exigence vous permet de contrôler en dix secondes. Un logiciel qui rend un beau paragraphe sans source vous demande de le relire en entier — et vous n'avez rien gagné.
Testez-le sur un dossier que vous connaissez par cœur. C'est le seul protocole d'essai qui vaille.
3. Que puis-je récupérer si j'arrête ?
Vos documents, vos modèles de rédaction, votre base de références : dans quel format sortent-ils, et en combien de clics ? Un export en PDF n'est pas une réversibilité, c'est une photographie. Cherchez du .docx, du .csv, du .xlsx — des formats qu'un autre outil sait relire.
Posez la question avant de signer. Après, elle devient une négociation.
4. Que coûte réellement l'abonnement ?
Le prix affiché est rarement le prix payé. Regardez trois lignes : le nombre d'utilisateurs inclus, la limite de volume mensuel, et le coût de la formation initiale. Une licence à quelques dizaines d'euros par mois qui exige deux jours d'accompagnement facturés change de catégorie.
Comparez ensuite au coût de l'existant. Le temps qu'un responsable de bureau d'études passe à recopier les exigences d'un CCTP dans un mémoire technique a un prix horaire connu : c'est votre point de référence, pas le tarif du concurrent.
5. Qui répond quand la réponse est fausse ?
Un mémoire technique engage votre entreprise devant un acheteur public. Si l'outil produit une affirmation inexacte — une certification que vous n'avez pas, une référence de chantier erronée — c'est vous qui signez l'acte d'engagement.
Aucun éditeur ne prendra cette responsabilité à votre place, et méfiez-vous de celui qui le promet. Ce qu'un bon outil doit garantir, c'est de rendre l'erreur visible avant l'envoi, pas de jurer qu'elle n'existera pas. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle, adopté en 2024, va dans ce sens : il impose l'information de l'utilisateur, jamais le transfert de sa responsabilité.
6. Que fait l'outil quand il ne sait pas ?
C'est la question qui départage. Un outil honnête dit « cette information n'est pas dans les pièces fournies ». Un outil complaisant invente une phrase plausible pour ne pas laisser un blanc.
Demandez une démonstration sur un dossier incomplet — retirez volontairement une pièce. La réaction de l'outil vous en apprendra plus que trente minutes de présentation commerciale.
Ce que ça donne en pratique
Ces six questions tiennent sur une feuille. Envoyez-les par écrit avant le rendez-vous : vous verrez immédiatement qui prépare des réponses et qui prépare des diapositives.
C'est le cadre dans lequel nous concevons nos propres logiciels — et MemoriBTP est fait pour y répondre point par point.