Sur une réponse à appel d'offres, l'intelligence artificielle traite bien trois tâches : dépouiller le dossier de consultation, retrouver les exigences dispersées dans le CCTP, et rapprocher chaque exigence de vos chantiers comparables. Elle ne traite ni le chiffrage, ni les arbitrages de méthode, ni la signature. Distinguer les deux listes est la première condition d'un investissement rentable.
Ce qu'elle traite bien
Le dépouillement. Un DCE arrive en dizaines de fichiers : règlement de consultation, acte d'engagement, CCAP, CCTP, plans, DPGF, annexes. Lire l'ensemble pour établir la liste de ce qui est demandé est un travail long, répétitif, et sans valeur ajoutée intellectuelle. C'est exactement le profil de tâche que la machine encaisse.
La recherche d'exigences. Une contrainte de phasage peut apparaître au CCTP article 3, être reprise en annexe, et contredite par un plan. Retrouver les trois occurrences et les mettre côte à côte est un travail de recoupement — pas de jugement.
Le rapprochement avec l'existant. « Avons-nous déjà répondu à une exigence de ce type ? » Un logiciel qui a indexé dix ans de mémoires techniques répond en quelques secondes à une question qui prenait une matinée d'archives.
La mise en forme. Reprendre un paragraphe validé, l'adapter au vocabulaire du CCTP courant, respecter le plan imposé par le règlement de consultation : mécanique, et fastidieux.
Ce qu'elle ne traitera pas
Le prix. Aucun outil ne connaît votre trésorerie, votre plan de charge du semestre, ni l'envie que vous avez de ce chantier-là. Le prix est une décision d'entreprise.
L'arbitrage de méthode. Choisir entre deux modes opératoires, décider d'une grue de plus, accepter un délai tendu : ces choix engagent des hommes et du matériel. Ils se prennent en réunion, pas en requête.
La connaissance du terrain. L'accès du site, la relation avec le maître d'œuvre, l'historique avec cet acheteur : rien de tout cela n'est dans le DCE. C'est pourtant souvent ce qui fait la différence.
La signature. L'acte d'engagement engage votre entreprise. Le Code de la commande publique juge la valeur technique de votre offre sur ce que vous avez écrit — pas sur l'outil qui vous a aidé à l'écrire.
Le vrai gain n'est pas là où on l'annonce
L'argument commercial habituel est le temps. Il est réel, mais il n'est pas le plus intéressant.
Le gain qui compte est ailleurs : le nombre de dossiers auxquels vous pouvez répondre. Une entreprise qui passe deux jours par mémoire technique renonce à des consultations, et elle y renonce sans le décider — simplement parce que le bureau d'études est plein. Diviser ce temps ne fait pas gagner deux jours : cela fait entrer des dossiers qui n'entraient pas.
Le second gain est la régularité. Un mémoire rédigé un vendredi soir dans l'urgence n'a pas la même qualité qu'un mémoire rédigé le mardi. Réduire le temps de production, c'est surtout réduire l'écart entre le meilleur et le pire de vos dossiers.
Comment le mesurer chez vous
Prenez les six derniers DCE auxquels vous avez répondu et les six auxquels vous avez renoncé. Notez pour chacun le temps passé, ou la raison du renoncement. C'est votre point zéro.
Trois mois après la mise en service d'un outil, refaites le même relevé. Si le nombre de renoncements n'a pas bougé, le temps gagné est allé ailleurs — et il faut comprendre où avant de renouveler l'abonnement.
C'est ce travail-là — dépouiller, retrouver, rapprocher, mettre en forme — que MemoriBTP prend en charge. Le reste vous appartient, et c'est très bien ainsi.