Vos prix, vos chantiers passés et vos mémoires techniques sont votre fonds de commerce. Avant de déposer un fichier dans un outil d'intelligence artificielle, trois choses méritent d'être établies : ce qui quitte réellement vos machines, combien de temps c'est conservé, et ce que l'éditeur s'autorise à en faire. Les trois se lisent dans le contrat, pas sur la page d'accueil.
« Local » et « en ligne » ne sont pas deux camps
Le débat est mal posé quand on le réduit à « tout sur mon poste » contre « tout dans le cloud ». Un logiciel réel se situe presque toujours entre les deux, et la question utile est : quelle partie précisément passe par une connexion ?
Trois cas se distinguent, et ils n'ont pas les mêmes conséquences :
- Le fichier est téléversé. Votre DCE au format .zip part sur un serveur, y est décompressé, stocké, indexé. C'est le cas le plus engageant : le document existe désormais ailleurs que chez vous.
- Le fichier reste, le texte transite. Les pièces sont lues et indexées sur votre poste ; seuls des extraits partent pour être analysés ou rédigés. Le document original n'est jamais déposé.
- Rien ne sort. Le traitement complet tourne sur votre machine. C'est possible, c'est plus lent, et cela suppose du matériel.
Un éditeur qui ne sait pas vous dire dans lequel des trois il se range vous répondra « c'est sécurisé ». Ce n'est pas une réponse à la question posée.
Les trois lignes à chercher dans le contrat
Le RGPD encadre le traitement de données personnelles, et un DCE en contient : noms de conducteurs de travaux, CV joints au mémoire, coordonnées de sous-traitants. Votre éditeur est alors sous-traitant au sens de l'article 28, et le contrat doit préciser trois points.
La durée de conservation. « Le temps nécessaire au traitement » n'est pas une durée. Cherchez un nombre de jours.
La réutilisation. L'éditeur s'autorise-t-il à exploiter vos contenus pour améliorer son service ? Cette clause est fréquente, souvent enfouie dans les conditions générales, et elle signifie que votre manière de rédiger nourrit un outil que vos concurrents utiliseront.
La localisation. Quel pays héberge les traitements ? Un hébergement hors Union européenne n'est pas interdit, mais il impose des garanties supplémentaires que le contrat doit nommer.
La CNIL publie des fiches pratiques sur ces trois points ; elles sont écrites pour des non-juristes et se lisent en une demi-heure.
Le test du pare-feu
Une promesse commerciale se vérifie en trente secondes. Demandez à votre prestataire informatique de regarder ce que le logiciel émet réellement pendant une session de travail. Un outil qui affirme « aucune connexion requise » et ouvre un flux vers l'extérieur à chaque analyse vient de perdre le marché — et il l'a perdu sur la promesse, pas sur la technique.
C'est la raison pour laquelle une promesse trop large est un mauvais calcul pour l'éditeur autant que pour le client. Mieux vaut une phrase exacte qu'un slogan invérifiable.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Chez Manaby, vos dossiers, votre base de références et vos mémoires vivent sur le poste de travail, et nous ne stockons rien. L'analyse et la rédaction, elles, passent par un service d'intelligence artificielle hébergé en Europe — donc par une connexion, et par des pièces qui quittent le poste le temps du traitement. Elles n'y sont pas conservées, et elles n'entraînent aucun modèle.
C'est moins spectaculaire que « rien ne sort de chez vous ». C'est vrai, et c'est vérifiable au pare-feu.
Pour voir comment cela se traduit dans un logiciel de rédaction de mémoire technique, la fiche de MemoriBTP le détaille.